Préservatifs non conformes : quinze références rappelées, comment savoir si vous êtes concerné

Préservatifs non conformes : quinze références rappelées, comment savoir si vous êtes concerné

La Répression des fraudes a annoncé le 30 octobre la suspension de la commercialisation de quinze références de préservatifs en latex ultra-fins sur le marché européen. Selon franceinfo, qui reprend le communiqué de la DGCCRF, environ 7 millions d’unités sont concernées dans l’Union européenne, dont une partie seulement a été vendue en France.

Si vous avez acheté des préservatifs ces derniers mois, en pharmacie, en grande surface ou sur internet, voici comment savoir si vous êtes concerné et ce qu’il faut faire.

Un seul fabricant, plusieurs marques

Toutes les références visées sortent de la même usine : celle de la société malaisienne Richter Rubber Technology. Les produits sont pourtant vendus sous des noms très différents, ce qui complique le repérage. Les marques citées sont Releaf, Einhorn, My Lubie, Primeros, You+Me, Amor, R&S, ON et FRIDAY BAE.

Le nom de la marque ne suffit pas : toutes les gammes de ces marques ne sont pas forcément touchées. La liste exacte des références, avec leurs numéros de lot, est publiée sur le site officiel Rappel Conso. C’est ce document qui fait foi, et c’est lui qu’il faut comparer à la boîte que vous avez chez vous.

Le défaut : un risque d’éclatement

La DGCCRF parle de défauts de fabrication « susceptibles de causer éclatement et perforation des préservatifs ». Autrement dit, la protection n’est plus assurée, ni contre les infections sexuellement transmissibles ni contre une grossesse non désirée.

Ce rappel n’est pas tombé du ciel. Une première vague avait déjà touché deux références de préservatifs masculins, vendus en ligne et en magasin entre fin mai et début août. D’après la DGCCRF, huit utilisateurs ont signalé des ruptures liées aux lots jugés non conformes. L’enquête qui a suivi a conduit à élargir la mesure aux quinze références actuelles.

Le magazine 60 Millions de Consommateurs a lui aussi relayé l’alerte dès le 30 octobre et insiste sur le double risque, infectieux et contraceptif.

Ce que recommandent les autorités

La première chose à faire est simple : ne plus utiliser les boîtes concernées. Vérifiez la marque, puis la référence et le lot imprimés sur l’emballage, et comparez-les à la fiche Rappel Conso.

Pour les personnes qui ont déjà utilisé ces préservatifs, les autorités recommandent de faire un dépistage des infections sexuellement transmissibles dans un laboratoire d’analyses médicales. En cas de retard de règles, un test de grossesse est conseillé. Ces consignes figurent dans l’information diffusée par la DGCCRF et reprise par franceinfo.

Un dépistage n’a rien d’inquiétant en soi : c’est une précaution, recommandée parce qu’une rupture peut passer inaperçue. En cas de doute sur la conduite à tenir, votre médecin traitant ou un centre de santé sexuelle peut vous orienter.

Se faire rembourser : vos droits

Les articles publiés à ce stade ne détaillent pas de procédure de remboursement propre à ce rappel. Les règles habituelles s’appliquent donc. Lorsqu’un produit fait l’objet d’un rappel, le vendeur doit le reprendre. Rapportez la boîte, même entamée, au magasin ou à la pharmacie où vous l’avez achetée, avec si possible le ticket de caisse.

Chaque fiche publiée sur Rappel Conso comporte une rubrique indiquant la conduite à tenir et les modalités de compensation (remboursement, échange) ainsi qu’un contact du service consommateurs. Consultez-la avant de vous déplacer : elle précise ce que le distributeur s’est engagé à faire.

Pour un achat en ligne, contactez le service client du site marchand par écrit, en citant la référence rappelée et la date de votre commande. Conservez une copie de votre message et de la confirmation de commande.

Si le vendeur refuse

Un refus de reprendre un produit rappelé n’est pas normal. Vous pouvez le signaler sur la plateforme publique SignalConso, qui transmet l’alerte à l’entreprise et à la DGCCRF. Gardez toutes les preuves : photo de l’emballage avec le lot, ticket, échanges avec le vendeur.

Conserver les preuves

Avant de rapporter la boîte, prenez-la en photo, face avant et face où figure le numéro de lot. Si vous avez commandé en ligne, gardez le courriel de confirmation. Ces éléments suffisent généralement à établir l’achat, même sans ticket de caisse, et ils vous seront utiles si la reprise traîne.

Un réflexe à garder

Les préservatifs font partie des produits qu’on achète sans regarder l’étiquette, souvent en ligne et parfois sous des marques peu connues. Ce rappel montre qu’un même fabricant peut se cacher derrière une dizaine de noms commerciaux. Prendre deux minutes pour vérifier le lot sur Rappel Conso, c’est la meilleure façon de savoir si votre boîte est concernée.